Y a pas de mal

Qu'il est bon de se faire du bien

07.10 → 09.10
2021

Heure :

je 19 h 00
ve 19 h 00
sa 20 h 30

Lieu :

Petithéâtre

Durée :

1 h 00

Tarifs :

Tarif libre

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Alors voilà, ça va parler masturbation, très librement et sans jugement.

Cela n’aurait pas plu à ce cher Sylvanus Stall, pasteur luthérien des Etats-Unis célèbre pour son livre d’éducation sexuelle et d’anti-masturbation (« Ce que tout jeune homme devrait savoir », 1ère édition, 1897). Cela n’aurait pas plu non plus à Emma F. Drake, qui s’occupait à la même époque de façonner de bonnes petites épouses qui ne se tripotaient sûrement pas le lulu non plus. Heureusement, de nos jours, 1er quart du XXIème siècle, grand et bel anthropocène, on peut parler de tout très librement. Notre société est si ouverte à la diversité, nous avons toutes et tous tellement envie de comprendre ce que vivent nos frères humains plutôt que de les juger, nous avons réalisé depuis longtemps que libérer la parole permet de mieux connaître l’autre et de mieux se connaître soi, que chaque sujet peut être abordé sans malaise. On peut parler sodomie avec le buraliste, ou masturbation aux réunions de famille. On prend même parfois un air affligé (mais plein de compréhension) en évoquant nos ancien.ne.s qui : mangeaient des animaux, roulaient seul.e.s dans des véhicules motorisés, laissaient des enfants de moins de 25 ans (âge où le cerveau arrive plus ou moins à maturité) regarder la télévision…

Trêve de dérision, si Amélie Vidon et Alenka Chenuz, fraîchement diplômées des Teintureries, ont conçu et joueront « Y a pas de mal », c’est bien qu’il y a des choses à exprimer autour du tabou d’une époque, et que traiter la question des tabous leur semble à la fois important et beau. C’est ainsi qu’elles porteront sur scène des fragments de vie intime où se déploie, d’une manière à la fois singulière et universelle, l’auto-érotisme. Le jeu est pensé pour favoriser un contact brut avec le public, sans quatrième mur. Les témoignages de six personnes ont été recueillis et retranscrits avec précision. Les silences, les hésitations, les petits bruits de bouche, seront rendus aussi fidèlement que l’on suit une partition, parce qu’il y a d’autres éléments qui sourdent, entre les mots, des émotions qui rassemblent. Dans cette proximité, les sens (du plaisir) seront convoqués, notamment par la musique. Et parce que trop d’intime tuerait l’intime (et qu’on est pas là pour se faire du mal), les comédiennes instillent de la légèreté tout au long du spectacle, récitant parfois à deux voix, accentuant certains traits, feignant l’absurde.

Une question subsidiaire : Que va-t-on sentir dans la salle ? Du malaise ? De la gêne ? Du soulagement ? Un sentiment d’appartenance ? L’adrénaline de la transgression ? De la joie ? La grande communion des âmes bénies des masturbant.e.s ?

Par la compagnie Alors voilà

Conception et jeu

Amélie Vidon et Alenka Chenuz

Regard extérieur

Sarah Calcine

Costumes

Augustin Rolland

Création lumière

Emile de Gautard

Création sonore

Eric et Alexis Rüeger

Régie

Zara Bowen

Administration

Adrien Mani

Amélie Vidon et Alenka Chenuz fondent la compagnie Alors voilà en 2020, tout en terminant leurs études aux Teintureries à Lausanne. En 2019, un stage avec Jean-Baptiste Roybon leur permet de découvrir la démarche de la Cie Kokodyniack, qui porte à la scène des témoignages du quotidien en les restituant au bégaiement près. Ce travail révèle leur passion commune pour le cocasse, les maladresses, le banal, et débouche sur la création de À bord, présenté à l’Arsenic en juin 2019. Suite à cette expérience, tout en terminant leur formation, les comédiennes cherchent d’autres manières d’explorer la parole brute. Au fil de leurs échanges, la notion de tabou revient régulièrement, et devient le point de départ de leur première création, Y a pas de mal, créée au Théâtre du Loup en avril 2021.

Bouhhhh !!